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30 avril 2010 5 30 /04 /avril /2010 09:06

 

Souvenons-nous que l'artiste avait rencontré Nelson Mandela (voir suite 2) et que l'Afrique du Sud lui tenait à coeur. Il s'y rend ensuite plusieurs fois alors que le pays est ravagé par le sida.

 

Soweto - Warwick. 2002

 

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       " Je suis allé plusieurs fois en Afrique du Sud. J'ai été invité à faire des conférences sur mon travail et partout, à Prétoria, Le Cap, Johannesburg, Durban, on m'a dit "avec ce que vous faites, il faut travailler avec nous sur le sida".

 Johannesburg-2002.jpg

       Alors j'ai fait un "voyage sida". J'ai vraiment fait un voyage dans les cliniques, les hôpitaux, j'ai renconré les mécecins, les associations, tout  le monde. Et l'image est venue de ces voyages, de ces rencontres.

83.jpg

        Il y avait le sentiment que pour vaincre la maladie il fallait réussir à en faire une grande cause nationale, lutter contre la maladie comme on avait lutté contre l'apartheid, assimiler, superposer les deux luttes.

 

 

        J'ai bâti mon dessin de manière à ce qu'en voyant mon image sur le sida on pense à Hector Pieterson, jeune garçon tué en 1976 (lors d'un soulèvement étudiant à Soweto la police avait tiré sur les jeunes protestataires et le cadavre d'Hector Pieterson, 12 ans, avait été porté en tête de manif par l'une de ses camarades. Cette photo a fait le tour du monde).

Hector-Peterson.jpg

Cette photo était devenue l'emblème de la lutte contre l'apartheid.

Afrique-sud--sida.jpg

       Et puis les rencontres imposaient aussi essentiellement le rôle des femmes : tous sont persuadés que s'ils arrivent à éradiquer la maladie, ce sera grâce aux femmes et à leur rôle dans la société. Donc mon dessin est bâti sur cette idée : la femme qui est là peut être aussi bien la mère, la soeur, l'infirmière, la fiancée : elle est bâtie comme le pilier du dessin, qui s'appuie complètement sur elle. Elle est comme une colonne, bien trop grande. Elle a des mains deux/trois fois trop grandes (et les gens croient que je fais des trucs trop réalistes !). Tout repose, comme ça, sur elle.Afrique-du-Sud.jpg

 

08.jpg      

J'ai choisi les lieux selon ce qu'ils portaient de désir de vie, avec les gens du quartier de Soweto, des lieux où il y avait des enfants, des lieux de vie quotidienne, avec un potentiel de vie très, très fort. Voilà.

 

09.jpg

Intervenir comme ça dans les lieux de la vie sociale, de la vie quoi, fait que l'oeuvre a un autre type de résonnance. Je ne veux pas dire que c'est mieux, mais l'expérience de la rencontre est vécue différemment : elle est vécue comme une expérience personnelle, pas du tout comme dans un musée ou une galerie. Le fait que je travaille les personnages grandeur nature y contribue aussi. Il y a autre chose : presque une espèce d'identification, quelque chose qui va dans ce sens.

 

 

 

 

 (Suite 8, bientôt)

 

 

 

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commentaires

Prioul Serge 12/05/2010 14:40


Aie, aie! J'avais vu un subjonctif là où il n'y avait qu'un indicatif. Il faut dire que la conjugaison n'est pas tant que cela mon fort...
Oui, j'ai vu un peu tard que tu habitais Paris. tu ne manques pas d'expos là-bas ; j'y vais quelquefois mais rarement, je suis un campagnard indécrottable. Même Rennes, qui est à 65 km et qui
dispose de bien des structures culturelles, me voit rarement. Je ne connais même pas là-bas la nouvelle (qui a cinq ans au moins...) médiathèque, "Les Champs Libres" dont tout le monde a parlé dans
la région.
Oui, à Fougères, nous avons un centre d'art contemporain. J'y ai un peu (t'as vu, là c'est bon : ai, ai !) travaillé et je suis les expos mais rien d'envergure depuis quelques temps... L'art
conceptuel... comme tout le monde, j'ai un peu de mal à apprécier !


16/05/2010 20:48



L'Art conceptuel... il y a là du pire mais aussi du meilleur.


J'ai vu une expo étonnante à Boulogne (Billancourt) des photos très spéciales de Jean-François Rauzier. Je compte, si le courage me revient, poster un article là-dessus, mais je dois d'abord
terminer les articles sur E. Pignon Ernest et... ça traîne : j'ai bcp bougé et beaucoup lu. Ce n'est pas une excuse mais une explication !



Prioul Serge 12/05/2010 13:20


Bonjour Fransceca,

A la relecture de ce que j'ai écrit : aie, aie ! où suis-je allé chercher un e à "moi qui ai(e)". Evidemment c'est toujours après qu'on s'en aperçoit !
Dis donc : tu parles comme si tu avais pu visiter cette expo que j'évoque en 2003. Passais-tu par là ou bien habites-tu près de Fougères ?


12/05/2010 13:36



Ah ça oui, ça énerve de laisser traîner des fautes de frappe :-)  J'avais vu et je m'en suis énervée pour toi qui n'es pas coutumier du fait.


Non, pas beaucoup de ... fougères en vue à Paris où je vis ! Mais pour l'expo d'amis, quand on peut, on se déplace et là, ce n'est pas si loin. Rappelle-t-en !



Prioul Serge 08/05/2010 21:46


Bonjour Fransceca,

Un petite histoire qui me vient à l'esprit en regardant ces œuvres dans la rue :
Pendant l'été 2003, j'étais régisseur d'une expo d'art contemporain sur le pays de Fougères. Les artistes avaient investi de nombreux sites patrimoniaux de la région. L'un d'entre eux, Christophe
Litou, avait exécuté un travail intéressant : il avait recouvert de grandes feuilles de papier blanc, imprimés agrandis des définitions du Robert, les pièces d'architectures d'une tour de la
vieille ville. On trouvait : linteaux, angles, corbelets etc. La façade de la tour entièrement recouverte et quasi immaculée... Heureusement pour moi, l'été fut sec comme on s'en souvient, parce
que sinon la simple colle à papier peint utilisée n'aurait rien tenu. L'effet était spectaculaire et très esthétique. Ce qui m'a plu, c'est que l'artiste m'avait demandé en tant que régisseur, de
coller des feuilles blanches aux endroits ou le public (on le sait un rien vandale) arracherait les imprimés d'origine. Moi, qui aie quelques prétentions d'écriture, j'ai trouvé très plaisant mais
aussi symbolique de partir ainsi d'une page d'écriture pour aller vers la page blanche !
Voilà l'histoire...mais nous sommes bien loin de l'œuvre d'Ernest Pignon-Ernest.
J'espère, ces jours, mettre en ligne mes photos de l'époque. Cette exposition, grâce à ce ciel caniculaire, fut très remarquable et remarquée.

Serge


12/05/2010 12:25



Merci Serge, de ce commentaire : que n'ai-je été au courant de l'expo ! Tu es prié de faire de l'auto-pub la prochaine fois, n'est-ce pas ? Remarque, en 2003 je venais juste d'acheter un
ordinateur personnel, peu encline avant cette époque de ma retraite à en acquérir un alors que je travaillais sur ordi toute la sainte journée... Depuis, j'y passe tout le temps que je
ne consacre pas à la lecture, aux visites d'expos, aux concerts etc etc ! Mais je ne regrette pas car Internet est une mine et on s'y fait de vrais amis aussi, lorsqu'on sait "trier".
La preuve !



Prioul Serge 01/05/2010 08:11


Bonjour Françoise,

Une de mes amies qui habite désormais Marseille possédait il y a déjà longtemps une galerie d'Art à Grenoble et me disait hier (car j'ai envoyé ton adresse blog à tout mon réseau) :"j'ai exposé
Ernest dans ma galerie, juste avant qu'il ne travaille avec la galerie Lelong. J'ai passé des moments avec lui à Naples, et à Charleville Mezière."
Elle a eu bien de la chance. Moi aussi, par la régie d'Art Contemporain sur Fougères j'ai l'occasion parfois de fréquenter pendant quelques jours des artistes. Et je suis ensuite leur parcours. Je
suis persuadé que certains, encore assez peu cottés) deviendront célèbres car ce sont de vrais artistes.

Bon 1er mai à toi, ne travaille pas trop !

Serge


02/05/2010 13:17



Merci beaucoup Serge, de ces partages, généreux comme ceux des artistes qui nous donnent le meilleur d'eux-mêmes en nous aidant à décrypter notre monde.


Voici le 2 Mai, le temps passe si vite... Bon vent à toi et mes amitiés.


Françoise



Prioul Serge 30/04/2010 14:24


Merci Fracesca,

C'est toujours aussi beau. Et je pèse mes mots : beauté de l'art engagé, en accord avec la société, sa violence, sa misère. Vraiment Ernest Pignon-Ernest est un des grands de l'Art Contemporain et
il le prouve chaque jour. Merci de relayer cela.
Serge


01/05/2010 03:04



Merci à toi aussi d'apprécier ces articles que je partage dans l'espoir de faire connaître E.P-E à ceux qui ignorent encore son travail remarquable.


Je l'ai découvert par hasard il y a très longtemps, sur la Butte Montmartre et je reste sidérée devant son art du dessin ; outre en effet sa grande humanité.


J'indiquerai en fin d'articles les liens, les oeuvres, les livres et autres sur son travail.


Amitiés. Françoise



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