Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 11:03

       Pour changer de Pastior que d'aucuns ont trouvé par trop difficile, voici des extraits de Philippe Jaccottet dont on peut ouvrir les livres à n'importe quelle page pour être rempli de bonheur.

       Ainsi dans le Cahier de Verdure (NRF Poésie Gallimard) :

                                                            *

Cognassier en fleurs 

 

     

""" 

      Autre chose vue au retour d'une longue marche sous la pluie, à travers la portière embuée d'une voiture : ce petit verger de cognassiers protégé du vent par une levée de terre herbue, en Avril.

       Je me suis dit (et je me le redirai plus tard devant les mêmes arbres en d'autres lieux) qu'il n'était rien de plus beau, quand il fleurit, que cet arbre-là. J'avais peut-être oublié les pommiers, les poiriers de mon pays natal.

       Il paraît qu'on n'a plus le droit d'employer le mot beauté. C'est vrai qu'il est terriblement usé. Je connais bien la chose, pourtant. N'empêche que ce jugement sur des arbres est étrange, quand on y pense. Pour moi qui décidément ne comprends pas grand-chose au monde, j'en viens à me demander si la chose "la plus belle", ressentie instinctivement comme telle, n'est pas la chose la plus proche du secret de ce monde, la traduction la plus fidèle du message qu'on croirait parfois lancé dans l'air jusqu'à nous ; ou, si l'on veut, l'ouverture la plus juste sur ce qui peut être saisi autrement, sur cette sorte d'espace où l'on ne peut entrer mais qu'elle dévoile un instant. Si ce n'était pas quelque chose comme cela, nous serions bien fous de nous y laisser prendre.

       Je regardais, je m'attardais dans mon souvenir. Cette floraison différait de celle des cerisiers et des amandiers. Elle n'évoquait ni de ailes, ni des essaims, ni de la neige. L'ensemble, fleurs et feuilles, avait quelque chose de plus solide, de plus simple, de plus calme ; de plus épais aussi, de plus opaque. Cela ne vibrait ni ne frémissait comme oiseaux avant l'envol ; cela ne semblait pas non plus commencer, naître ou sourdre, comme ce qui serait gros d'une annonce, d'une promesse, d'un avenir. C'était là, simplement. Présent, tranquille, indéniable. Et, bien que cette floraison ne fût guère plus durable que les autres, elle ne donnait au regard, au coeur, nulle impression de fragilité, de fugacité. Sous ces branches-là, dans cette ombre, il n'y avait pas de place pour la mélancolie.

 

       Vert et blanc. C'est le blason de ce verger.

"""

       Si cela vous plaît, demandez la suite !

 

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

look here 12/12/2013 12:43

It is really cool to walk in the rain. The small drizzle that falling upon us and holding our dear one’s hand. Anyway thanks you for sharing the post. I will read the book for sure since I liked the excerpt that you have shared.

Primavera 30/04/2013 16:24

Tes commentaires se présentent comme dans la nouvelle version Overblog Kiwi ... aurais-tu déjà basculé ton blog vers cette nouvelle plateforme ?

Primavera 30/04/2013 16:22

Bonjour Françoise,

Mais oui ça m'a plu et comment je partage ayant un cognassier dans mon jardin, en fleurs il est magnifique et ne dégage aucune fragilité. Bisous

Pascale 24/04/2013 18:45

La suite, please !

25/04/2013 08:55



Alors...



Tipanda 23/04/2013 22:24

Le style est un peu ardu. Pour évoquer les fleurs, on attendrait plus de fluidité et de douceur.

24/04/2013 08:55



Ce n'est qu'un début...



Présentation

  • : Paperolles
  • Paperolles
  • : Livres, Musique, Arts, Ciné, Humeurs et un peu d'humour ; si possible...
  • Contact

Profil

  • Beaucoup de lecture, un peu d'écriture.
Poésie, cinéma, musique(s), théâtre, arts plastiques, photo, Paris et aussi la mer "toujours recommencée", de l'humour, mes enfants, mes amis, mes amours et le monde comme il ne va pas...
La vie, quoi !
  • Beaucoup de lecture, un peu d'écriture. Poésie, cinéma, musique(s), théâtre, arts plastiques, photo, Paris et aussi la mer "toujours recommencée", de l'humour, mes enfants, mes amis, mes amours et le monde comme il ne va pas... La vie, quoi !

Recherche

Archives