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14 décembre 2009 1 14 /12 /décembre /2009 01:15
Je retranscris intégralement l'appel du groupe qui vient d'être créé sur Facebook sous ce titre  :

       "Aujourd'hui, la Quinzaine littéraire est dans une situation financière extrêmement préoccupante, et a fortement besoin d'être soutenue.

       Réellement indépendante, la Quinzaine littéraire est avec quelques autres et très rares revues et certains sites web un des seuls organes prescripteurs de culture, en France et sur le terrain de la francophonie.
Depuis ses débuts en 1966, elle s'est attachée à parler des livres de tous horizons (lettres, arts, philosophie, psychanalyse, histoire... sciences politiques, économie, poésie) sans penser à autre chose qu'à ces livres : l'apport singulier de ces objets de la pensée construits dans le temps avec du temps.
Elle leur a donné une visibilité, et contribué avec détermination au cheminement de ces oeuvres vers leur lectorat.
Dans un paysage culturel dont la diversité ressemble plus à la démutiplication d'un écho, l'entreprise est héroïque.
Née de l'impulsion, de la volonté, et de la passion d'un homme : Maurice Nadeau.

       La Quinzaine littéraire est arrimée à l'art, aux lettres... à la pensée, en ce sens qu'elle ne s'est jamais complue dans le marché de la culture. Elle n'a jamais fait dépendre son énergie, son dynamisme, d'une économie culturelle, mais - toujours - de l'engouement singulier d'un collaborateur pour un ouvrage, - de la nécessité de rendre compte de travaux qui s'élaborent dans un temps parallèlle, celui de l'écriture, - de l'intime conviction que cet ouvrage compte, doit peser, même comme une plume sur un cratère en éruption.
Quelques individus, noués pour un temps à une oeuvre jusqu'à ce que compte soit rendu, font entendre la voix de ces ouvrages, émis par le contemporain, seuls moteurs de la Quinzaine.

       Avec Gilles Nadeau et tous les collaborateurs nous souhaitons sauver cette entreprise éditoriale - remarquable à tous points de vue, de sa disparition anticipée, trop précoce : nous venons glorieusement de fêter le 1000e numéro.
Surtout nous ne souhaitons pas laisser ce seigneur de l'édition qu'est Maurice Nadeau, orphelin de son oeuvre.
Alors, en participant à ce groupe, aidez-nous à sauver la Quinzaine littéraire, faites-la connaître autour de vous, achetez-là en kiosque (si vous ne la trouvez pas demandez à ce qu'elle y soit présente) abonnez-vous au journal ou à sa version en ligne qui vous donne accès aux archives de 40 ans de critique littéraire, artistique et scientifique. Bref, faites ce que vous pouvez, comme vous le pouvez pour ne pas laisser disparaître un journal qui mérite de vivre... pour que puisse vivre une culture véritable (au sens de gratuite, non soumise aux impératifs du marché et aux stratégies du marketing)."


On a déjà sauvé La Quinzaine ! On peut -on doit- encore le faire : il faut absolument S'ABONNER ! Tout de suite (voir l'encart p.15 du numéro 1005 qui vient de sortir) et OFFRIR DES ABONNEMENTS A SES AMIS, bonne idée pour les fêtes, non ?
Les abonnés ont le privilège de pouvoir télécharger depuis le numéro 796 : . Il y a plus de 40 000 articles en ligne, une mine d'intelligence et d'analyses indispensables...
Que serait le mois sans ses deux Quinzaine ???
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12 décembre 2009 6 12 /12 /décembre /2009 01:15
Y en a qui ne l'ont pas, la flemme, comme ce "pisse-copie" de génie : c'est le grand frère de l'ex petit-ami de ma petie-fille ( bon, vous me direz qu'est -ce que ça peut faire !)
Juste pour dire : allez jeter deux yeux bien ouverts sur son site http://pagillet.over-blog.com/ qui vaut le détour.
C'est bien -très bien - écrit, toujours censé, parfois drôlissime et in-tel-li-gent.
Voilà. Maintenant, c'est vous qui voyez !

Comme je mène une vie de patachon, par monts et par vaux chaque soir à écouter dans des petits troquets ou de tout petits théâtres des chanteurs, musiciens, compositeurs-interprètes ignorés des medias mais qui mériteraient de grandes salles combles et que je tchatche jusqu'à point d'heure avec d'autres couche-tard, qu'à 08 heures j'ouvre un oeil à cause des travaux dans l'immeuble voisin mais me rendors aussitôt, me lève à l'heure du déjeuner, passe l'après-midi à lire et que le soir, c'est reparti ... comment voulez-vous que je trouve le temps d'écrire ?
La flemme...



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29 novembre 2009 7 29 /11 /novembre /2009 18:45

" Ce que le père a tu, le fils le proclame ; et souvent j'ai trouvé révélé par le fils le secret du père. "
écrivait Nietzsche dans "Ainsi parlait Zarathoustra".
Cette citation figure en exergue du très beau livre de Michel Onfray " Esthétique du Pôle Nord ".


Or, je reçois à l'instant un courriel d'annulation du cours que Michel Onfray devait donner demain 30 Novembre : son père, Gaston Onfray, est décédé ce matin, 29 Novembre 2009...

C'est dans l'ordre des choses que de perdre ses parents et le décès de l'un d'entre eux entraîne un frisson d'effroi à la pensée que... la prochaine fois, ce sera moi !  L'événement nous atteint plus ou moins violemment selon que le décès est brutal et inadmissible, ou bien qu'il met opportunément fin à des souffrances intolérables, ou encore qu'il marque l'inéluctable point final de toute vie humaine. Dans tous les cas, l'intensité de notre propre souffrance dépend beaucoup de la qualité de la relation que nous avions avec notre parent.

En ce qui concerne Michel Onfray, peu enclin à l'étalage personnel, on se souviendra seulement avec émotion de ce qu'il dit - ici ou là dans ses livres - de ses parents, dont la dure condition d'exploités a, bien sûr, participé à sa première prise de conscience politique et à la saine révolte qui ne l'a pas quitté. 
Relire la " Politique du rebelle. Traité de résistance et d'insoumission " est très éclairant et tout particulièrement roboratif.   

L'envoi intitulé Fidélités de son " Esthétique du Pôle Nord " (Ed Grasset Janvier 2002) donne la mesure du respect et de l'amour qu'il portait à son père dont il a concrétisé le seul rêve formulé et il ne m'en voudra pas - ni son éditeur, j'espère ! - de le retranscrire ici in extenso : 

       " Depuis sa naissance le 29 janvier 1921, jamais mon père n'a quitté Chambois, son village natal normand ; jamais il n'a manifesté de désirs, d'envies, de souhaits ; jamais je ne l'ai vu récriminer ou se révolter contre son sort ; jamais je ne l'ai surpris dans la convoitise ; jamais il n'a maudit sa condition d'ouvrier agricole qui l'a condamné au dénuement ; jamais je ne l'ai vu dans le ressentiment à l'endroit du monde comme il va et qui l'a fait modeste, sans grade, sans voix, taciturne comme le sont viscéralement les gens de la terre, épuisés au travail, fatigués, éreintés.
          Au milieu d'un champ où nous plantions des pommes de terre, sous le gazouillis d'alouettes époumonées, je lui avais demandé quelle destination il élirait si d'aventure un magicien se penchait sur son destin pour rendre possible ce voyage idéal. Il m'avait répondu : " Au Pôle Nord ". J'avais à peine dix ans, l'âge vers lequel il m'avait désigné, une nuit d'été, devant la porte de la maison où nous habitions, la présence scintillante de l'étoile polaire qui ne se couche pas, reste fixe dans le ciel et sert aux navigateurs pour ne pas perdre leur cap.
          Pour ses quatre-vingts ans, je lui fis cadeau de ce voyage en Terre de Baffin, au-delà du cercle polaire -
au
pôle nord. Ces pages en racontent la partie émergée.
          A mon père, donc.
"          

Que ce modeste article soit à Michel Onfray, dont j'aime à fréquenter la pensée ravigorante, la manifestation de mes pensées fraternelles.
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26 novembre 2009 4 26 /11 /novembre /2009 01:18
http://laboiteaimages.hautetfort.com/

Ceci est le lien pour l'ancien site d'Alain Korkos, illustrateur de métier (il prépare - je ne sais pas où il en est- une BD de "Crime et Châtiment !), formidable -mais amusant et modeste- érudit, actuellement chroniqueur sur mon site chéri : Arrêt sur Images = @si, (auquel je rappelle à tous que chacun peut s'inscrire moyennant une somme modique, pour continuer à décrypter l'actualité avec un oeil plus avisé que celui de l'avaleur béat de télévision...)
C'était une vraie " boîte à images " en effet, et quel régal ! Allez y, fouillez et dégustez sans modération.

Je viens de revoir l'émission d'Arrêt sur Images du 28 Mars (le site avait trois mois) où, entre autres, Daniel Schneidermann interroge Alain Korkos sur son travail.
Ce dernier montre la photo réalisée par la célébrissime Anne Leibovitz pour la marque Vuitton, pub que tout le monde a vue, avec la belle gueule abîmée de Keith Richard.
A.K. révèle ce qui vous/m'avait complètement échappé : la photo constitue en fait une vanité traditionnelle chez les peintres ( de la Tour, Holbein, etc) ... Sidérant !
Et surprenant de voir à quel point nous ne savons pas voir.
Remarquez, non, pas surprenant si l'on considère que nous sommes paraît-il confrontés - sans compter la télévision et l'ordinateur- à environ 3 500 images fixes par jour !!!


NB : le bon lien est : http://plumesetpinceaux.hautetfort.com/about.html

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22 novembre 2009 7 22 /11 /novembre /2009 11:20
Hier après-midi, au Carré de Baudoin 121 rue de Ménilmontant Paris XXème, lieu généreusement ouvert à tous, ont été projetés devant une nombreuse assistance (présence de Paulette Perec et d'un perecquien, Julian West ) trois films autour de Georges Perec :

A - " En remontant la rue Vilin " -rue qui a entièrement disparu, comme de nombreuses rues de l'Est parisien qui s'effacent du plan, mais pas des souvenirs des plus anciens ...- est un film merveilleux de Robert Bober, une  espèce d'enquête-montage d'après des photos de la rue Vilin, croisées avec des notes de Georges Perec qui avait un projet d'écriture très particulier à son sujet :
  

" Sur le flanc de Ménilmontant à Paris, la rue Vilin partait de la rue des Couronnes et, traçant sur 43 mètres une sorte de S inversé, débouchait sur la rue Piat par un escalier abrupt au sommet duquel on découvrait le plus beau panorama de la ville. C’est l’un des douze lieux parisiens dont Georges Perec avait, en 1969, projeté de décrire, douze ans durant, le devenir.

La rue Vilin n’est plus. À son emplacement se trouve désormais un vaste espace vert. Classée en 1863, elle avait, environ un siècle plus tard, été déclarée îlot insalubre.
Et le 4 mars 1982, le lendemain même de la mort de Perec, la pioche des démolisseurs achevait de la démolir, abattant notamment le n° 24 où l’écrivain avait passé les six premières années de sa vie et où sa mère, déportée à Auschwitz en 1942, tenait un salon de coiffure.
Avec "En remontant la rue Vilin", à l’aide de quelques 500 photographies prises sur des décennies, en la reliant à l’œuvre et à la biographie de Perec, Robert Bober tente mimétiquement de dégager l’un des ressorts de sa démarche littéraire : nommer pour sauver de l’oubli, écrire pour témoigner de ce qui fut, "arracher quelques bribes précieuses au vide qui se creuse "."

Revoir ce film ravive à chaque fois une intense émotion à laquelle n'ont pas échappé hier les spectateurs, instruits ou non de l'oeuvre de Georges Perec.

Il peut être visionné à la BNF (Fiche film n°1501 - 1992)

B - Dans "La vie filmée. 1930-1934"  on entend la voix de Perec commenter avec humour et tendresse de petits films d'amateurs, témoignages d'une vie passée.

C - Dans " Rue de Crimée ", le jeune réalisateur Eric Watt, un peu à la manière de Robert Bober, inventorie les boutiques de cette rue populaire et les gens qu'il y a croisés, tout en émaillant régulièrement le film de rappels historiques sur la guerre de Crimée qui donna son nom à la rue.

Eric Watt, présent à cette séance, a exprimé ensuite son admiration vive de l'oeuvre de Georges Perec (lui-même grand amateur et auteur de cinéma  ).
Il dit avoir voulu procéder à une espèce de tentative d'épuisement de cette rue, habitée et parcourue par des dizaines de différentes populations d'émigrés, thème dont Perec ne parla pas directement mais évidemment sous-jacent dans son oeuvre.
Il a envoyé 400 lettres à divers habitants de la rue dont il a relevé "au feeling" les noms dans l'annuaire. 
Très peu ont répondu mais ceux-là se sont volontiers exprimés.

Eric Watt dit qu'à partir du nom de guerre de cette rue, il a voulu " une utopie réalisée " : les habitants lui parlent de leur propre histoire, la croisent avec celle des autres, en parlent entre eux et finissent ainsi par mieux se connaître.

La rue de Crimée n'a pas disparu, pas encore en tous cas, mais de nombreuses boutiques ferment les unes derrière les autres, remodelant continuellement le visage de la rue.
Ainsi celle du photographe qui, dépassé par l'arrivée du tout numérique, vendit précipitamment sa boutique avant même que le réalisateur n'ait eu le temps de lui dire au revoir...
Dans le sous-sol de la pizzeria (!) qui l'a remplacée doivent avoir été enterrés sous une chape de ciment des milliers de négatifs photos et le souvenir des gens qui voulurent y faire fixer un moment de leur vie...

Cruelle métaphore de la disparition !




 








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15 novembre 2009 7 15 /11 /novembre /2009 12:15
Yannick Haenel est né à Rennes en 1967. Il a fondé et co-anime depuis 1997 la revue Ligne de risque avec François Meyronnis. Ensemble, ils ont signé cette année Prélude à la délivrance, chez Gallimard.
Yannick Haenel a été pensionnaire de la Villa Médicis en 2009.
Chez Gallimard, est paru cet automne : Jan Karski.

Comment parler encore de ce livre qui vient d'être couronné alors que ma volonté d'en rendre compte avec soin m'a laissée muette depuis ce début d'article à l'état de brouillon?
Trop tard, ou peut-être trop tôt.
Juste le recommander chaudement ! 
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8 novembre 2009 7 08 /11 /novembre /2009 12:45
Quand Philippe Guillard "revisite" le grand Léo Ferré, avec la même pugnacité, avec dans la voix les mêmes accents forts, il nous incite à réécouter les textes originaux qui tranchent plus que jamais sur la morosité  et la méciocrité ambiantes.
L'incipit d'Il n'y a plus rien reste un monument à revisiter, lui aussi. Le voici, sauvage et fort :
" " "
La poésie contemporaine ne chante pas, elle rampe.
Elle a cependant le privilège de la distinction, elle ne fréquente pas les mots mal famés, elle les ignore.
Elle ne prend le mot qu'avec des gants : à "menstruel" elle préfère "périodique" et l'on va répétant qu'il est des termes médicaux qui ne doivent pas sortir des laboratoires et du Codex...
Le snobisme scolaire qui consiste en poésie à n'employer que certains mots déterminés, à la priver de certains autres, qu'ils soient techniques, médicaux, populaires ou argotiques, me fait penser au prestige du rince-doigts ou du baise-main.
Ce n'est pas le rince-doigts qui fait les mains propres, ni le baise-main qui fait la tendresse.
Ce n'est pas le mot qui fait la poésie, mais la poésie qui illustre le mot.
Les écrivains qui ont recours à leurs doigts pour savoir s'ils ont le nombre de pieds ne sont pas des poètes, ce sont des dactylographes !
Le poète, aujourd'hui, doit être d'une caste, d'un parti, ou du tout-Paris.
Le poète qui ne se soumet pas est un homme mutilé.

La Poésie est une clameur, elle doit être entendue comme la Musique.
Toute poésie destinée à n'être que lue et enfermée dans sa typographie n'est pas finie, elle ne prend son sexe qu'avec la corde vocale, tout comme le violon ne prend le sien qu'avec l'archet qui le touche.
L'embrigadement est un signe des temps, de notre temps.
Les hommes qui pensent en rond ont les idées courbes.
Les sociétés littéraires, c'est encore la Société et la pensée mise en commun est une pensée commune.

Mozart est mort seul, accompagné d'un chien et de fantômes.
Renoir avait les doigts crochus de rhumatismes.
Ravel avait dans la tête un tumeur qui lui suça d'un coup toute sa musique.
Beethoven était sourd.
Il fallut quêter pour enterrer Bela Bartok.
Rutebeuf avait faim.
Villon volait pour manger.
Tout le monde s'en fout !

L'Art n'est pas un bureau d'anthropométrie. La lumière ne se fait que sur les tombes.
Nous vivons une époque épique et nous n'avons plus rien d'épique...
La musique se vend  comme du savon à barbe.
Pour que le désespoir même se vende, il ne reste qu'à en trouver la formule.
Tout est prêt : les capitaux, la publicité, la clientèle...

Qui donc inventera le désespoir ?

Avec nos avions qui dament le pion au soleil, avec nos magnétoscopes qui se souviennent de ces voix qui se sont tues, avec nos âmes en rade au milieu des rues, nous sommes au bord du vide, ficelés dans nos paquets de viande, à regarder passer les révolutions...
N'oubliez jamais que ce qu'il y a d'encombrant dans la Morale c'est que c'est toujours la morale des autres !

Les plus beaux chants sont des chants de revendication.
Le vers doit faire l'amour dans la tête des populations.

A l'école de la Poésie, on n'apprend pas ; ON SE BAT !
" " "

A bon entendeur, salut !
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16 octobre 2009 5 16 /10 /octobre /2009 15:05
Hier soir : Théâtre de l'Orme, superbe lieu déjà riche en histoire. Construit à la fin du XIXè siècle, le bâtiment a abrité les premiers bains douches de la gendarmerie parisienne de l'époque, est devenu ensuite un lieu de tournage de plusieurs films et accueille maintenant la création artistique, particulièrement théâtrale, sous la vigilance de son directeur qui "mouille sa chemise" avec opiniâtreté dans le contexte actuel plus que difficile.

Comme on peut le voir sur ce lien
http://www.amsorme.com/theatre%20intro.htm la salle de spectacle, plutôt petite mais pleine de ressources pour des mises en scène inventives, est rouge et noire.

On ne saurait mieux accueillir les chansons de Léo Ferré :
"...le rouge, pour naître à Barcelone, le noir, pour mourir à Paris..." !

Aussi est-ce là, entre autres lieux, que Les Guillards ont choisi de présenter leurs spectacles Ferré.
Je le dis au pluriel car, pour avoir déjà assisté à trois séances dans ce théâtre, j'affirme que la prestation est à chaque fois surprenante, " ...ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre...", Philippe Guillard ayant à coeur de ne jamais lasser les mordus qui reviennent fidèlement l'écouter.
Les deux musiciens sont plus qu'à la hauteur : Rudy Guillard très intériorisé à la guitare, fils de Philippe à la voix (et quelle voix !) et Christophe Barennes, modeste mais virtuose, à l'accordéon et aux claviers.

On sent qu'il s'agit là d'une vraie équipe, soudée mais souple, sans grandiloquence mais très professionnelle, qui sait aussi faire face aux aléas avec humour et en toute simplicité.
Ainsi hier, le pied du micro de Philippe a fait des siennes, se coupant en deux au début du toujours merveilleux  "Sous le pont Mirabeau coule la Seine" !
Nous avons tous eu un moment d'angoisse pour Philippe, qui ne prend généralement pas le micro en mains mais joue beaucoup avec le pied autour duquel il organise son jeu de scène très original et toujours inspiré.
Il ne s'est nullement démonté et utilisa la péripétie en "ramant" magistralement avec ce pied cassé, tel un gondolier nonchalant, créant ainsi un "plus" visuel qui collait au plus près au rythme et à l'esprit du poème !

Ne manquez pas les prochains spectacles : 5 et 19 Novembre puis 3 et 17 Décembre,  21H:  
http://www.amsorme.com/actualite_leo_ferre_par_les_guillards.html
Si vous vous inscrivez, la place n'est qu'à 10 E, ce qui est donné, pour deux heures de pure émotion ! 



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14 octobre 2009 3 14 /10 /octobre /2009 15:37
On peut demander à son libraire, ou farfouiller sur ses tables, lire en diagonale pour se faire une idée du style de l'auteur si on ne le connaît pas encore. J'ai fait souvent ainsi de belles découvertes !
On peut se fier à de très bonnes revues - La Quinzaine Littéraire, Le Matricule des Anges - ou à certains sites
littéraires - Remue.net, volkovitch.com par exemple. 
On peut rarement se contenter de la quatrième de couverture, sauf si l'auteur l'a écrite lui-même ; ça arrive.
En tous cas, il faut surtout savoir écarter les "auteurs à succès" qui riment trop rarement avec qualité...

Quoi qu'on dise chaque année de la rentrée littéraire, le crû de cette année est très riche !
Lorsqu'on aime un auteur, c'est avec gourmandise que l'on se précipite sur sa dernière oeuvre.

Ainsi, mon dernier livre lu, parmi ceux de la rentrée littéraire où l'on peut tout de même piocher valablement, la preuve, le " Tant pis pour les gens fatigués " de Jacques Rancière.
Cette compilation d'entretiens menés par l'auteur de fin 70 à 2009 est roborative au possible par les temps de consensus mou qui sont les nôtres, sur l'art, le cinéma, la littérature et bien sûr la politique.
Certains entretiens mériteraient qu'on en affiche des extraits dans les abris-bus en lieu et place des pubs branchées...
C'est de la pensée à l'oeuvre et ça se mérite, mais ...tant pis pour les gens fatigués !
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10 octobre 2009 6 10 /10 /octobre /2009 20:54
Quand je disais que je ne tiendrais pas la longueur... Cependant, certains - que j'ai dû décevoir, pardon ! - sont vainement venus jeter un oeil ici ; au cas où. Je les en remercie et c'est pour eux que je remets mon ouvrage sur le métier et que je m'explique : c'était la rentrée littéraire !
Les journées ni les nuits n'étant étirables, malgré quelques velléités d'écrire un mot sur le livre juste refermé, voilà qu'un autre requérait mon impatiente attention...
On a beau annoncer la mort de la littérature, elle n'a pas encore poussé son râle et démontre même cette année, pour une prétendue moribonde, une foutue vitalité !

Donc, j'ai lu ; beaucoup.
De plus, comme les libraires, qui ne sont pas que des commerçants, ont le souci de présenter leurs auteurs à leurs lecteurs, il m'est apparu opportun d'aller ici et là flanquer sous le stylo d'un auteur son livre déjà un peu fatigué pour qu'il y dépose un message plus ou moins personnel selon si l'on a, ou non, pu échanger quelques mots.

J'ai très longtemps refusé, dans des Salons du Livre surtout, où les signatures sont planifiées dans une fourchette  horaire quasi militaire, de m'immiscer parmi les lecteurs -réels ou prétendus- qui me cachaient "mon" grand écrivain, assis et assigné à une table comme un écolier puni, obligé de lever la tête vers des sourires obséquieux pour s'enquérir des nom et prénom sous lesquels pondre une dédicace...

Trop tentée par l'aventure, je m'y suis un jour hasardée, en détournant le problème : j'avais eu le culot ... d'écrire, à la page adéquate, une petite critique espiègle que je suis allée présenter au grand-auteur-reconnu-croûlant-sous-les-hommages à qui l'on n'avait encore jamais fait le coup et que l'exercice a brusquement réveillé !
Piqué par l'ironie de mon hommage ( "... Je vous tiens pour le Jean-Christophe Averty de la littérature et croyez bien que c'est un compliment ! Vous m'énervez, mais j'adore. "), il a refermé le livre qu'il a calé sous son coude, a levé vers moi ses yeux malicieux et m'a demandé mon prénom que j'ai aussitôt indiqué, sur quoi il m'a royalement imposé d'attendre la fin des signatures pour développer mon point de vue " un peu rapide "...
Et j'ai attendu, n'en menant pas large !
Au bout d'un temps infini, il a tranquillement rangé ses affaires, discuté quelques minutes encore avec un responsable de chez Gallimard (pas la peine d'insister, je ne dirai rien, même sous la torture !), inséré son Mont-Blanc dans une poche de poitrine de son veston (ce que j'ai trouvé d'un commun ! ), attrappé mon/son bouquin qu'il est enfin venu m'agiter sous le nez avec un sourire diabolique en disant :
- " Et maintenant, à nous deux ! ".
Il m'a familièrement et fermement saisi la saignée du coude en m'entraînant vers un café où, mise au pied du mur, j'ai relevé le défi comme j'ai pu.
J'ai attaqué bille en tête le mot "roman" figurant sous le titre en première de couverture pour déclarer qu'il s'agissait davantage selon moi d'un collage, certes brillantissime, de ses précédentes oeuvres...  
Le Môssieur cachait difficilement son mécontentement mais il s'est piqué au jeu et m'a destiné doctement un cours particulier sur la nature du Roman, finissant par emporter mon adhésion, même de façade, car devant cet homme habile, volubile, séducteur et vraiment brillant, ma rébellion m'est apparue inconsidérée et presque incorrecte.
Nous savions néanmoins tous deux que mes observations n'étaient pas dénuées de fondement !
Il s'est contenté de mon apparente adhésion à sa thèse comme je me suis contentée de ses efforts pour me la faire admettre, mais son opiniâtreté m'a touchée !

Depuis cette expérience, je n'hésite plus à solliciter les auteurs lors des séances de dédicaces, sachant que l'avis des lecteurs ne leur est pas du tout indifférent, surtout s'ils les ont vraiment lus, appréciés et, a fortiori, aimés.

Quelques avis, donc ? OK, mais une prochaine fois... En attendant, bonnes lectures ! 



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