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13 juillet 2011 3 13 /07 /juillet /2011 10:50

 

Ce cher Baudelaire... son spleen est parfois le nôtre.

 

 Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l'horizon embrassant tout le cercle
Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits ;

Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où l'Espérance, comme une chauve-souris,
S'en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris ;

Quand la pluie étalant ses immenses traînées
D'une vaste prison imite les barreaux,
Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées
Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,

Des cloches tout à coup sautent avec furie
Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
Ainsi que des esprits errants et sans patrie
Qui se mettent à geindre opiniâtrement.

- Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme ; l'Espoir,
Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.

 

Le temps d'aujourd'hui plomberait le moral, s'il n'y avait la poésie.

 

 

 

 

 

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20 août 2010 5 20 /08 /août /2010 00:12

 

A l'occasion de la sortie ( fin Mai 2010 ) du n°10 des Cahiers Georges PEREC au Castor Astral, sur le thème : "PEREC et l'art contemporain", la Galerie Crous 11 rue des Beaux-Arts Paris VIème avait ouvert au public une remarquable exposition coordonnée par Jean-Luc Joly, notable perecquien.

                                                             

                                                                  

  

On y croisait des oeuvres de dix-huit artistes, dont Jean-François RAUZIER - celui qui m'a personnellement le plus touchée- qui inclut par montage numérique sur une "hyper photographie" de l'intérieur d'un bâriment de l'Imprimerie Nationale, le texte intégral de

 " La Disparition " !

  

                                         

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 Et dans " Les Revenentes ", il montre ce même lieu envahi de caisses contenant des millions de "E", illustrant à sa manière combien, chez Perec comme chez tant d'autes créateurs, le manque ne joue jamais sans l'exhaustivité, ni la dysphorie sans l'euphorie.

 

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                                            Voici le plan rapproché :

 

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J'avais appris là que l'artiste exposait aussi sous le titre d'« Outremondes » au

Musée des Années 30,  Espace Landowski,

28, avenue André Morizet  92100 Boulogne Billancourt

 ( Tél. 01 55 18 46 42    Prix : 4,70 euros plein tarif, 3,60 euros tarif réduit ) 

 

Je m'y suis précipitée aussitôt et je ne peux que.recommander d'y courir puisque cette exposition remarquable et renversante dure jusqu'au 5 Septembre 2010

 

 Le parcours de Jean-François Rauzier est décrit et commenté intelligemment par cet article auquel on peut se reporter ici :  http://www.ze-magzine.com/culture.php?ArtID=84&numID=5  mais rien ne saurait remplacer  une visite de l'exposition que l'on fera précéder d"un examen attentif du site personnel de l'artiste : 

 http://www.rauzier-hyperphoto.com/category/portfolio/

 

 

 

 

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25 mai 2010 2 25 /05 /mai /2010 11:40

(Oui, j'ai tardé, pardon ! mais : " Tout vient à point à qui sait attendre"...)

 

Alger. Parcours Maurice Audin. 2003

 

Parcours-Maurice-Audin-Alger-2003.jpg

" J'ai été invité pour une exposition sur le thème de l'Algérie, dans laquelle il y avait beaucoup  d'artistes algériens et dont l'idée était de traiter l'Algérie aujourd'hui.

Je ne me sentais pas, en étant français et en ayant aussi été, en plus, militaire en Algérie !, de traiter de l'Algérie d'aujourd'hui. Je pensais que c'était aux jeunes artistes algériens de se coltiner avec ces problèmes qu'ils ont et je pensais aussi qu'il y avait une grande nécessité d'apaiser nos relations avec l'Algérie  - pays que j'aime beaucoup - et qu'on ne peut pas le faire sur tous ces silences, tous ces non-dits de la torture, de tout ce qu'il s'est passé...

Alors une révélation, une nuit : il m'est apparu que le drame de Maurice Audin, probablement tué par des parachutistes français et dont on n'a jamais su ce qu'il était devenu, donc que cet homme, ce corps disparu, incarnait tout ce silence, tout ce non-dit; "

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Un film montre E. Pignon-Ernest en train de désigner à de très jeunes algérois l'immeuble où vivait Maurice Audin :

" C'est là qu'il a été arrêté par les parachuitistes. Sa femme m'a dit il y a quelques jours : Il est parti ce jour-là et je ne l'ai plus jamais revu..."

 

" Ce type est mort à 23 ans. Il avait déjà trois enfants, grand mathématicien, c'est un gâchis terrible ! et si on avait écouté des gens comme lui, on aurait fait l'économie de tous ces drames. !

On a rencontré beaucoup de gens. L'un m'a dit qu'il avait été emprisonné avec Henri Alleg. Ils se sont mis à parler de leurs souvenirs, de la torture, des gens qui ont mon âge, la soixantaine, qui ont beaucoup plus souffert de la guerre d'Indépendance et d'autres, après ; c'est très inégal. 

Maurice-Audin.jpg

Même Place Maurice Audin, les gens ne savaient pas qui il était, que c'était un martyr de la lutte pour l'indépendance de l'Algérie. J'étais un peu déçu...Certains pensaient que c'était un nom français de la période coloniale...

C'est dommage !

Alors la présence de mes images dit l'absence ; son absence...

 

                                                                                           *

 

Parcours Genet. Brest. 2006

 Genet-3.jpg

" Je me nourris plus de la lecture de Genet, ou de Desnos, que de la peinture ! Ce sont des choses qui contribuent à nourrir mon regard sur notre monde. Leur poésie, leur écriture, c'est comme une espèce d'interrogation .

Genet, c'est comme un parcours, une façon d'interroger ce qu'il dit des hommes.

 Brest-Genet.jpg

Dans mon dessin, il y a à la fois l'idée d'une rixe, d'une violence, d'une lutte et, en même temps, ça a l'air d'une descente de croix car, chez lui, il y a tout ça : l'idée de la trahison et une quête de rituel et de sacré.

Je n'arrivais pas à exprimer ce qu'il y a dans son oeuvre à travers la représentation de sa personne, je ne saurais dire pourquoi.

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Il y a, dans mon travail, une quête de spiritualité, c'est sûr.  Dans mes derniers travaux sur les grandes mystiques, c'est plus explicite mais c'est déjà là dans tout le travail sur Naples, dans d'autres images aussi."

 

 

                                                                                               *

Extases. 2008

Extases.jpg 

 

"Je suis athée, mais l'image de la mort s'incarne bien dans l'image du Christ. Même si l'on est athée, ça fait partie de notre culture. Toute l'histoire de la peinture, de la musique, de l'architecture est nourrie de ça.

Mon premier voyage, à 18 ans, c'était à Tolède, à la cathédrale de Tolède, pour voir les Greco et le suivant a été à Florence pour voir les Simone Martini, Fra Angelico, tout ça...

 

                                                                                              *

 

Parcours Mahmoud Darwich. 2009

  

" Mahmoud Darwich était venu me voir et m'avait suggéré de venir moi aussi lui rendre visite à Ramallah.

La perspective était donc de le voir là-bas mais entre temps... il est mort !  Il devient un peu un mythe.

Quand je disais que Neruda était la voix du Chili, Mahmoud Darwich est la voix des Palestiniens. Il a vécu leur drame et il est leur parole."

 

E. P-E colle le portrait de M. Darwich sur un mur et s'enquière du sens d'une affichette en arabe auprès de badauds attroupés ) :

 

" Et l'on assassine la mémoire des choses : la pierre, le bois, le verre, 

  le fer, le ciment volent en éclats comme les êtres. "

 

" Le coton, la soie, le lin, les cahiers, les livres se déchirent,

  comme les mots que leurs propriétaires n'ont pas eu le temps de dire "

 

( Les passants -surtout des hommes...- aident E. P-E à dérouler et à coller les portraits et tous reconnaissent Mahmoud Darwich dont ils collent aussi avec plaisir et respect  les extraits de poèmes :

 

" Nous serons un peuple lorsque nous respecterons la justesse et lorsque nous respecterons l'erreur. "  

 

E. P-E leur demande si ce n'est pas mal compris, cet affichage et ces paroles. Les jeunes disent que non, que tout ça est vrai et ils applaudissent. 

Des gens plus âgés lui parlent, dont une femme, avec animation ; il fait signe qu'hélas il ne comprend pas leur langue.

 

Partout où il colle, on l'aide, on le félicite et on discute près du portrait sur la lecture des poèmes :

" Et la terre

se transmet comme la langue.

Notre histoire est notre histoire.  

 

Mahmoud Darwich

 

 

 

Paris. Octobre 2009 : interview d'E. P-E :

" La surprise la plus grande, c'est la qualité de la réception de mon travail ! Je veux dire, tout le monde reconnaissait Mahmoud Darwich, même quand je collais à 11 heures du soir dans un marché, vraiment ! Donc, ce n'est pas une petite catégorie de gens qui le connaît, lui et son oeuvre.

C'est un peu l'idée qu'il est la parole de la Palestine et ça a dû lui poser problème, car les gens ont tendance à "réduire" son oeuvre à ça... alors maintenant, je ne dis plus que c'est un poète palestinien mais un poète universel !        

                                                      

Je suis allé à Hébron, c'est une ville plus difficile, plus complexe que les autres, il me semble, et qui va donc exiger un travail plus long, c'est l'un de mes objectifs si je retourne en Palestine, travailler sur Hébron. 

 

Mais en même temps, j'ai d'autres choses en tête que je souhaite faire : il y a des villes abandonnées dans le désert d'Atacama au Chili et l'idée de faire des images dans une ville où il n'y a personne me tente beaucoup ! Ce sont des villes chargées d'histoire, qui ont été des mines, des prisons... Je travaille en ce moment sur toute une documentation.

 

Mais je voudrais aussi poursuivre mon parcours Desnos à Compiègne, à cause de ses poèmes et peut-être un jour à Terezin ..."

                                                         

                                                                                          ***

 

Cette série d'articles a été rédigée d'après, entre autres, le DVD du film intitulé

Ernest Pignon-Ernest..PARCOURS " de Laurence Drummond et Patrick Chaput, édité par Plaisir d'Images en 2009. On peut se le procurer (voir leur site : www.plaisirdimages.fr) en adressant un chèque de 30 E au 32 rue Falguière 75015 Paris.

 

On peut aussi en apprendre davantage sur le site de l'artiste http://www.pignonernest.com/ qui y liste tous les livres, films, etc à propos de son travail et y indique son actualité.

 

De nombreux articles lui sont consacrés par d'autres auteurs passionnés, par exemple :

http://www.lesartistescontemporains.com/

http://imagesrevues.org/Article_Archive.php?id_article=11

 

J'espère avoir suffisamment suscité votre intérêt pour vous inciter à suivre l'actualité de ce dessinateur hors pair, poète et homme engagé dans son époque - la nôtre.

 

 

 

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30 avril 2010 5 30 /04 /avril /2010 09:06

 

Souvenons-nous que l'artiste avait rencontré Nelson Mandela (voir suite 2) et que l'Afrique du Sud lui tenait à coeur. Il s'y rend ensuite plusieurs fois alors que le pays est ravagé par le sida.

 

Soweto - Warwick. 2002

 

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       " Je suis allé plusieurs fois en Afrique du Sud. J'ai été invité à faire des conférences sur mon travail et partout, à Prétoria, Le Cap, Johannesburg, Durban, on m'a dit "avec ce que vous faites, il faut travailler avec nous sur le sida".

 Johannesburg-2002.jpg

       Alors j'ai fait un "voyage sida". J'ai vraiment fait un voyage dans les cliniques, les hôpitaux, j'ai renconré les mécecins, les associations, tout  le monde. Et l'image est venue de ces voyages, de ces rencontres.

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        Il y avait le sentiment que pour vaincre la maladie il fallait réussir à en faire une grande cause nationale, lutter contre la maladie comme on avait lutté contre l'apartheid, assimiler, superposer les deux luttes.

 

 

        J'ai bâti mon dessin de manière à ce qu'en voyant mon image sur le sida on pense à Hector Pieterson, jeune garçon tué en 1976 (lors d'un soulèvement étudiant à Soweto la police avait tiré sur les jeunes protestataires et le cadavre d'Hector Pieterson, 12 ans, avait été porté en tête de manif par l'une de ses camarades. Cette photo a fait le tour du monde).

Hector-Peterson.jpg

Cette photo était devenue l'emblème de la lutte contre l'apartheid.

Afrique-sud--sida.jpg

       Et puis les rencontres imposaient aussi essentiellement le rôle des femmes : tous sont persuadés que s'ils arrivent à éradiquer la maladie, ce sera grâce aux femmes et à leur rôle dans la société. Donc mon dessin est bâti sur cette idée : la femme qui est là peut être aussi bien la mère, la soeur, l'infirmière, la fiancée : elle est bâtie comme le pilier du dessin, qui s'appuie complètement sur elle. Elle est comme une colonne, bien trop grande. Elle a des mains deux/trois fois trop grandes (et les gens croient que je fais des trucs trop réalistes !). Tout repose, comme ça, sur elle.Afrique-du-Sud.jpg

 

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J'ai choisi les lieux selon ce qu'ils portaient de désir de vie, avec les gens du quartier de Soweto, des lieux où il y avait des enfants, des lieux de vie quotidienne, avec un potentiel de vie très, très fort. Voilà.

 

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Intervenir comme ça dans les lieux de la vie sociale, de la vie quoi, fait que l'oeuvre a un autre type de résonnance. Je ne veux pas dire que c'est mieux, mais l'expérience de la rencontre est vécue différemment : elle est vécue comme une expérience personnelle, pas du tout comme dans un musée ou une galerie. Le fait que je travaille les personnages grandeur nature y contribue aussi. Il y a autre chose : presque une espèce d'identification, quelque chose qui va dans ce sens.

 

 

 

 

 (Suite 8, bientôt)

 

 

 

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25 avril 2010 7 25 /04 /avril /2010 17:23

A la demande générale, voici l'article suivant transcrivant les propos de l'artiste :

 

Derrière la vitre. 1996

 

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" Après les murs, les moulures, la richesse de Naples, je me suis dit : je vais prendre un truc qui en est le contraire ; plastiquement.

Un lieu froid, aseptisé, du verre, du métal, un objet contemporain de communication.

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C'est comme ça que j'ai essayé de travailler dans les cabines téléphoniques, avec cette contradiction que ça porte : c'est un objet de communication mais dans lequel on est isolé... et en même temps il y a une lumière dessus et ça a un côté assez théâtral, cet objet ! 

J'ai choisi toujours des endroits où il y a des reflets de lumière qui zèbrent les personnages,qui les traversent : des feux rouges, des pharmacies, des trucs comme ça.

 

 

 

  

 

 

 

  

 

 

 

 Il y a superposition de la ville contemporaine, très vivante, très colorée, très lumineuse qui vient stigmatiser les personnages, voilà. D'ailleurs, je les ai faits beaucoup plus noirs qu'à l'habitude, dans cette perspective. "

 

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                                                                           *  

 Artaud. 1997

 

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" J'essaie - ça a l'air bête de le dire - quand je fais un portrait, que ça ressemble aux gens. Ce n'est pas toujours le cas tout le temps d'après d'autres choses que je vois... Mais quand c'est un poète, je voudrais qu'on sente son oeuvre aussi.

J'ai travaillé sur Desnos, Nerval, Rimbaud, Artaud. J'ai lu leur oeuvre, j'ai essayé de m'en imprégner et j'essaie de travailler à ce que leur portrait leur ressemble mais dise aussi cette oeuvre : en même temps leur singularité et ce qu'il y a d'universel dans le visage d'un homme.

 

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                                                                             *

Parcours Desnos. 2001

 

" Desnos, j'espère que ce sera un parcours ! Moi, je suis passionné par Desnos, son oeuvre, sa curiosité, sa personnalité. C'est le premier qui prend conscience, il me semble, du cinéma, de la radio et tout ça. Moi, j'aime beaucoup Desnos et je voulais faire le lien avec Gérard de Nerval.

J'ai collé l'image à cinq mètres près du lieu où Gérard de Nerval s'est pendu et c'est un lieu très intéressant parce que Desnos dit toujours qu'il est né sous le signe de la Tour Eiffel et ce bâtiment, là, qui est construit où Nerval s'est suicidé, est fait par un architecte contemporain d'Eiffel, avec une structure métallique.

 

Desnos-Nerval-2001.jpg

Donc, c'est ce que je disais : prendre l'idée plastique du lieu et le souvenir enfoui, oublié, de Gérard de Nerval. Voilà !

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 suite n° 7 bientôt...

 

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14 avril 2010 3 14 /04 /avril /2010 12:01

( c'est toujours l'artiste qui s'exprime ) :

                                                                         *

 

Prométhée. 1982

 

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" Je suis parti de l'image du savant Oppenheimer. J'avais vu cette image où Oppenheimer est lui-même comme un oiseau : dans une conférence, pour parler du temps, je crois, il avait sauté ! et je suis parti de cette image que j'ai associée à des lieux qui portaient le feu, où des choses avaient l'air de sortir de la terre.

 

 

 

 

               

 

 

                                    

 

Les "Arbrorigènes". 1983

 

Pour le travail que j'avais fait dans les arbres, les Arbrorigènes, je m'étais rendu compte que j'avais fait des hommes et des femmes qui étaient des végétaux. Et j'ai découvert peu à peu, en le faisant, que j'avais traité un mythe universel : les hommes et les femmes naissent des arbres, ou le deviennent, comme Daphné, Narcisse... 

 

   Arbrorigenes.jpg    

Arbrorigene.jpg             

 

Et ça m'avait fait mesurer à quel point je manquais de culture pour ce qui concerne la mythologie, les religions. 

Je m'étais dit qu'il fallait que mon travail suivant permette d'interroger un peu tout ça.

 

Arbrorigene 2

 

                                                                       ***

  

Napoli. 1988 à 1995.

 

Napoli.jpg   

 

                

En écoutant une émission de Philippe Hersant sur la musique napolitaine, j'ai été scié... Je me suis dit : voilà une ville qui a donné naissance à la musique de Gesualdo, la plus sophistiquée, la plus étrange, la plus incroyable, et à celle de Pergolèse, Cimarosa et, en même temps, à ... " Sole mio " !

Ce grand écart que porte cette ville...

J'ai pris un billet et deux jours après je suis allé à Naples, je me suis dit : je vais voir là, c'était vraiment une initiative sur un coup de coeur.

 

Donna-con-lenzuolo-2.jpg 

 

 

 

Si je travaille la nuit, c'est pour plusieurs raisons.

D'une part parce que le papier est très fragile, mais quand il est mouillé, rempli de colle, on peut le décoller comme ça, on le prend à la main et on l'enlève.

Et puis il y a une raison purement plastique. Quand je mets une image dans un lieu, je fais du lieu un espace plastique. Quand je suis là, la nuit, je suis comme un peintre qui a toute sa palette là. J'ai le lieu auquel j'ai réfléchi, j'ai l'image et je peux la mettre au centimètre près là où il faut parce que je sais comment les gens vont la découvrir et j'aime bien qu'elle soit découverte au matin...Si on colle dans la journée, ça désamorce un peu le projet.

 

 

 

 

 

            

Le travail de Naples a été un peu pour moi une interrogation sur ce qui fait une culture de méditerranéen que je n'avais pas avant. J'ai lu Virgile, l'Enéide...

Naples, en fait, permettait de réfléchir sur ces glissements entre mythe grec, mythe romain, mythe chrétien : au fond, tout du long, c'est une interrogation là-dessus, sur ces représentations de la mortEpidemies--1990.jpg.

 

Ange-mutile-a-Montauban-par-des-integristes-catholiques.jpg 

* Ange mutilé par un(e) pudibond(e) !     

 

L'une des choses qui me plaisent dans mon travail, vraiment, c'est qu'il va disparaître...

Et c'était d'autant plus juste à Naples puisque je traitais beaucoup d'image liées à la mort. Donc, leur fragilité participait de tout ce que j'avais mis dans les dessins, qui parlaient de mort.

      Le-soupirail-Naples.jpg

En les voyant, il y avait cette espèce de contradiction : on voyait que c'étaient des dessins très élaborés, très chargés de boulot, de références, de citations et puis on se rendait compte en même temps que c'était un papier pourri et que ça allait se mettre à disparaître...

Je joue beaucoup de cette contradiction, mais c'est un élément de ma palette.    Mort-de-la-Vierge-d-apres-le-Caravage.jpg

Il y a chez Pasolini, ou Caravage, ce fait de traiter les grands thèmes bibliques avec des gens de la rue et c'était une évidence qu'en inscrivant mes images dans les rues de Naples il y avait cette filiation !

L'apparition d'une image dans la rue change le regard qu'on a sur les lieux. Les gens passent tous les jours dans une rue de Naples et tout d'un coup, il y a un personnage...

 

David-et-Goliath-Le-Caravage.jpg

David-et-Goliath-d-apres-Il-Carvaggio.jpg 

Alors, si le type sait que c'est David, ou Goliath, que c'est chargé de références à la Bible, au Caravage, c'est d'autant plus riche, mais la présence de l'image dans le lieu le fait regarder différemment, même pour quelqu'un qui ignore tout cela ! "

 (d'après le Caravage, à droite :)   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Concert-baroque-Paysan-convaincre-Wagner.jpg

 

Pour effectuer ses collages nocturnes, Ernest Pignon-Ernest réalise des dessins préparatoires en nombre, qui démontrent ses extraordinaires capacités de dessinateur.

En voici quelques exemples :

 

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Suite bientôt !!!

 

 

 

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3 avril 2010 6 03 /04 /avril /2010 16:44

 

Certaldo (Italie) - 1981 : Boccaccio. Pasolini.

 

" J'ai toujours eu une espèce de repère, Pasolini, comme Rimbaud.

J'ai été invité par la ville de Certaldo. C'est là que Boccace a écrit le Décaméron et j'ai donc fait d'abord un travail sur le Décaméron, avec des gens nus qui grimpaient à toutes les maisons. 

 

 

Boccace 1982 Toscana 

C'est une de mes rares interventions un peu drôles !

Et simultanément, en souvenir de cette présence de Pasolini là,

 

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et du climat de cette ville à caractère un peu religieux, j'ai fait cette image de Pasolini ; comme un Christ renversé... (Note ci-dessous)

 

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 Bien que ma référence soit plutôt Picasso que Duchamp, je pense vraiment que mon travail, c'est comme un ready made : dans un ready made, on prend une chaise, on la met dans un musée et, parce qu'elle est dans un musée, elle devient le signe de La chaise. Et moi, je crois que je provoque une chose de cet ordre. Je pense que la présence du signe de l'Homme, que sont mes images mises dans un lieu, instille au lieu les caractéristiques d'un signe.

Je provoque un ready made sans passer par la case musée, mais c'est du même ordre !

 

 N.B. : se souvenir qu'à l'aube du 2 Novembre 1975, l'immense écrivain, poète, dramaturge, essayiste, peintre et cinéaste, Pier Paolo Pasolini, avait été retrouvé mort, atrocement frappé et mutilé, sur un terrain vague aux abords de la plage d'Ostia, dans un décor extraordinairement identique à celui de son premier film. Troublant qu'il ait pressenti cette mort violente, accomplissement de son destin, comme un héros de l'Antiquité !

Marxiste et gay, c'était un perturbateur et un empêcheur de penser en rond : il fallait faire taire le prophète !

Les circonstances exactes de sa mort n'ont jamais été élucidées par les autorités politico-judiciaires de l'époque dans cette Italie Démocrate-Chrétienne et un jeune paumé, arrêté au volant de la voiture de PPP, a payé seul ce crime perpétré en réunion.

La voix (pourtant si douce) de Pasolini résonne encore trente-cinq ans après sa mort, car cet oiseau de mauvais augure avait dénoncé avec une bouleversante pertinence tous les maux qui atteignent nos sociétés actuelles . ( Relire ses Ecrits corsaires )

 

                                                                                             ***

 

Santiago (Chili). Pablo Neruda. 1981.

 

Quand il y a eu le coup d'état au Chili, nous avions accueilli des artistes chiliens à Paris.

Ils m'ont dit : " Tu sais, ceux qui sont restés là-bas se sentent coupés de tout ". Ils voyaient que je faisais des ateliers et des images et ils m'ont suggéré d'aller là-bas travailler avec leurs amis qui étaient restés à Santiago.

Donc, je suis allé là-bas. J'ai fait un atelier à Vitacura et là, comme une évidence, s'est imposée l'image de Pablo Neruda : il incarnait le Chili, la résistance, la poésie, tout ça. 

 

Il y a eu. un moment incroyable ! Les amis m'ont dit : " Ecoute, on ne pourra pas mettre un visage de Neruda dans les rues de Santiago sans le montrer d'abord à Mathilde " . Alors, j'étais un peu impressionné.

Je suis rentré chez elle et je me suis trouvé en tête-à-tête avec Mathilde Neruda. Donc, j'ai déroulé mon dessin sur la table et Mathilde était en face. Elle était très belle, elle avait un côté Irène Papas, comme ça, enfin, elle m'impressionnait  beaucoup... Alors je déroule le dessin et elle, elle reste silencieuse ; longtemps.

 

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Enfin elle me dit : " Pablo n'était jamais comme ça. "

Alors moi, j'étais vraiment... Et elle reste toujours silencieuse...

Puis elle me dit : " Mais vous avez raison, aujourd'hui, il serait comme ça : grave et résolu !

Voilà. Elle m'a dit ça en français. Et après elle a dit : " On va boire. Je vous ai dit que Pablo n'était jamais comme ça, parce qu'il riait toujours. Quand on nous a expulsés, il est monté sur le bateau et il a dit : ' Champagne pour tout le monde ! ' et là, vous l'avez fait tellement grave... Mais, oui, vous avez raison ! " Voilà.

Ca a été un moment extraordinaire !

 

                                                                                       ***

 

Martigues. 1982 ---

 

A Martigues, j'étais invité par le Musée et dans les réserves du Musée j'ai trouvé un portrait de la fin du XIXème siècle, le portrait de la Martégale : c'était la femme type de Martigues. Il y avait quelque chose de très intense dans ses yeux, qui me paraissait comme profondément méditerranéen.

 

  La Martégale

 

 

Mais à ce moment-là il y avait beaucoup de racisme dans le coin, on était à côté de Vitrolles, je me suis dit que cette femme pouvait aussi bien être de l'autre côté de la Méditerranée...

J'ai travaillé cette image-là et je l'ai collée à la fois dans des lieux  qui affirmaient le côté provençal et dans des lieux qui annonçaient les bouleversements qu'allait amener l'arrivée de la pétrochimie, de la sidérurgie. Partout, des flammes... 

Un truc qui m'a amené à repenser à l'image de Prométhée... "

                               

                                                                                      ***

 

Prométhée... (promis :-) ce sera en suite 5, bientôt !

 

 

 

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13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 22:54

En cette triste journée où Jean Ferrat  - de son vrai nom Jean Tenenbaum -  nous a quittés en nous laissant ses inoubliables chansons, je veux insérer entre deux articles sur Ernest Pignon-Ernest le magnifique portrait que cet artiste avait dessiné de lui en 2004.


Jean-FERRAT--2004---Centenaire-de-l-Huma-Dimanche.jpg

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8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 16:42
  1975-1976. Calais-Avignon-Grenoble

C'est toujours l'artiste qui parle :

" Dans ces années-là, j'avais beaucoup lu Maïakovski, avec la notion de commande sociale, c'est-à-dire : pas de commande explicite, mais de commande que la société porte en elle-même.
Je pensais que la coupure qu'il y avait entre l'Art en train de se faire et la grande majorité de la communauté tenait au fait que l'Art se développait à cent lieues des gens, du quotidien. Il fallait le réinscrire dans la vie des gens.
Et, donc, j'ai cherché à provoquer, à susciter des commandes sociales de cet ordre.
J'ai fait  un travail avec la ville de Calais sur le climat qui y régnait quand le chômage commençait à se développer, à cause de la fermeture des usines de dentelle. Une espèce de désespoir s'installait dans cette ville...

A cette même période, on commençait à parler des sans-papiers, des immigrés, des marchands de sommeil et tout ça. J'ai donc fait à Avignon un travail lié à un groupe de travailleurs algériens, en travaillant avec eux, en les écoutant.
L'image était née complètement du dialogue avec eux sur la réalité, du fait qu'il y avait une volonté de les ignorer, quoi, comme s'ils n'étaient là que comme des outils et c'est la première fois - encore que pour la Commune j'aie collé des images à même le sol - que j'ai mis une image à des endroits où l'on ne regarde même pas et que j'ai fait ce soupirail à ras du sol avec ce visage d'homme qui nous regarde.

Et puis j'ai fait un travail à Grenoble avec des comités d'entreprise de grandes usines. Le thème est né là aussi de l'atelier collectif, de dialogues. L'idée s'est imposée de travailler, non pas sur les accidents de travail, parce qu'ils disaient : " Ah bah, s'il y a un type qui se prend la main dans la machine, on arrête, on fait grève ", mais sur des choses qui détériorent l'organisme au bout de décennies de travail, comme le bruit, certaines fumées, certaines pollutions et tout ça. C'est cette idée de maladies insidieuses qui détruisent l'organisme au cours des années. J'étais dans cette période où j'essayais de travailler sur les drames qui détruisent les gens.
C'est à dire que je pensais que l'Art est une investigation de l'imaginaire, des formes de l'invention plastique. Alors je ne voyais pas pourquoi des thèmes comme cela s'y prêtaient moins que ... des pommes, quoi !  Voilà.

                                                                                                 ***

   Rimbaud. 1978

Rimbaud.jpg


Dès quatorze ou quinze ans (comme tout le monde, c'est une banalité !), j'avais lu Rimbaud et j'avais été bouleversé. Mais le dessiner... je sentais que je ne pouvais le faire qu'avec une image qui ne devait pas le figer !
Quand tu arrives à Charleville, qu'il y a un Rimbaud en marbre, ou en bronze à Paris, tu te dis que c'est con, quoi ; c'est comme si c'était la négation de Rimbaud !
Et c'est vrai que le coller aussi bien à La Défense que sur la route entre Charleville et Paris, avec l'idée de l'Homme Qui Marche, du marcheur, c'est ce type de pratique qui m'a permis de tenter de faire un portrait de Rimbaud, d'en faire une image éphémère et fulgurante !
Ce côté fugitif, cette mort annoncée, c'est ce qu'il y avait de plus rimbaldien dans la proposition de mon "Parcours Rimbaud".

68.jpg

Quand on a collé le Rimbaud au Boulevard Saint-Michel au milieu de la nuit, très tard, il y a un car de police qui est arrivé, avec le chef du fourgon qui est descendu et qui s'est mis à vachement gueuler... Puis ils sont descendus à six ou sept flics et il y en a un très jeune, vingt-cinq ou vingt-six ans, qui a dit : " Ah ! mais c'est Rimbaud ! ", comme ça.
Alors tous les autres flics le regardent, étonnés et il me dit : " Vous savez, j'adore Rimbaud, vraiment ! Vous me feriez un plaisir fou si vous me donniez cette image. "
Moi, j'étais dégueulasse, plein de colle, tu vois, les autres types étaient vexés de voir que ce type me quémandait une image et il m'a dit : " Allez-y, collez-la, hein ! "    

Rimbaud-1.jpg

Mon travail est bâti beaucoup sur la qualité de la rencontre, le face-à-face. J'espère que ça provoque une émotion. Dans ce face-à-face, il y a une part de sensualité, oui, une grande présence du corps.

                                                                                                   ***

Les expulsés. 1979

Les-expulses.jpg


Je trouve que ça, c'est l'exemple de ce que porte mon travail en général. C'est-à-dire que sur les murs, il y a des traces de la vie des gens, des choses d'une qualité plastique et émotionnelle très, très forte.
Là, le matelas, c'est l'idée de l'exode. On a des souvenirs de ces photos de carrioles avec des matelas.
Et puis c'est l'idée de l'intimité, du foyer, le matelas.

De la même façon, j'ai mis sous le bras de la femme un cadre, comme on voit dans certaines familles la photo de mariage et puis on y a greffé les photos des enfants et des petits-enfants, l'histoire, quoi, la mémoire d'une famille.
Et elle part avec ça sous le bras, comme chassée de son histoire...

Les-expulses--.jpg

Quand je suis allé coller cette image, il y avait encore des poutres et des trucs écroûlés et j'ai marché sur le mur à partir de ces poutres pour aller la coller là-haut.
C'était intéressant parce que, là, tu étais confronté au Sheraton : tu avais des images d'expulsés sur des façades perdues et, juste à côté, on voyait les grandes lignes du Sheraton !
La relation entre mes images et l'endroit où je les colle était à la fois d'un plus grand impact et plus évidente, tu vois, et puis on touchait plus les gens parce que lorsqu'on voyait le papier peint... on voyait une chambre d'enfant, des choses intimes mises à nu, comme ça ; ça avait un caractère un peu comme un viol, c'est d'une très grande violence, ces immeubles coupés !
Et au fond, l'impact le plus fort, ce qui interpelait les gens, c'était à mon sens bien plus ces tapisseries, ces restes, que mes images qui venaient là comme un simple révélateur.

Mon travail est toujours un peu bâti comme ça, si on peut le résumer : c'est une espèce d'appréhension du réel, dans toute sa complexité. Ce qui se voit, ce qui ne se voit pas, l'histoire que je viens glisser dedans, un élément de fiction qu'est mon image et l'oeuvre.
La force éventuelle de mon travail, c'est ça, c'est ce que va provoquer cet élément de fiction dans le réel.  " 


Grand bonhomme, non ? La suite 4, bientôt !

Ernest-Pignon-Ernest-sur-FB.jpg


 

    
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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 11:18
Que Tania Brimson me permettre de copier/coller le texte de sa critique de cette magnifique exposition :
C'est la vie au musée Mailhol 
61 rue de Grenelle, 75007 Paris
 Tous les jours, sauf le mardi de 10h30 à 19h 


C-est-la-vie--.jpg

"""     "Vanitas vanitatum", "Ubi sunt ?", "Carpe diem" ; bref, "Prends le temps car le temps te prendra".
L’homme compte peut-être autant de devises pour le mettre en garde contre sa finitude que Damien Hirst de gemmes sur son ‘For the Love of God’ : un crâne, serti de quelque 8.000 diamants qui vous brillent sournoisement à la face.
Et voilà, plus brutal que le plus cinglant des dictons, derrière son strass et ses paillettes, le dernier sacrilège de l’artiste britannique rappelle que rien ne renvoie l’homme aussi cruellement à sa mortalité qu’une tête de mort au sourire narquois.
Frappée de l’air du temps, cette nouvelle icône bling-bling du XXIe siècle (déclinée ici en photographie) est prise au musée Maillol comme point de départ pour retracer la représentation des vanités dans l’art occidental. Car tout comme la boîte crânienne se mêle, avec Hirst, à la critique d’une société de consommation où même la mort a été tuée par la corruption des moeurs, il suffit de remonter le temps pour s’apercevoir que, depuis Pompéi, l’iconographie macabre a toujours reflété les us, les catastrophes et les aléas de l’histoire. Toujours inspiré, aussi, les plus grands artistes, du Caravage à Jan Fabre, de Braque à Boltanski. Religieuse lorsque l’Eglise catholique s’en sert comme arme de propagande en pleine Réforme, le parcours montre comment la vanité se sécularise après la Révolution et le "Dieu est mort" de Nietzsche, prenant des connotations plus philosophiques, plus individualistes.
Puis, les débâcles de la modernité, 1914-18, la Shoah, les années sida, la rattachent de nouveau aux angoisses collectives, avant qu’elle ne s’empêtre dans la dérision postmoderne. Une dérision ressentie dans cette exposition bourrée de chefs-d’oeuvre, qui revisite l’histoire de l’art en mettant clairement l’accent sur l’art contemporain. Et qui dégage par là-même un propos plus profond ; memento mori, ("Souviens-toi que tu mourras") tout simplement.
Pour un hymne grinçant à l’art, et à la vie. """
                                                                                            
                                                                                              ***
A propos de vanités, je conseille la lecture du dernier livre du regretté Jacques Chessex (Grasset, décembre 2009 ),
" Le dernier crâne de M. de Sade " dont le narrateur est obsédé.

Jacques-CHESSEX.jpg

" ... un crâne, c'est une Vanité plus ironique, plus tenace, plus nouée sur son os arrondi, ses orbites creuses et le rire de sa mâchoire en ruine, qu'aucun autre objet de désir ou de répulsion, masque ou jouet mensonger, tout juste capable de me distraire provisoirement de mon vrai sort ."  
                                                                                                     ***

Bon, promis, je reviens bientôt avec la suite 3 sur Ernest Pignon-Ernest que d'aucuns me réclament à juste raison !


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